Le cigare fait à la machine

Le groupe AGIO est le 5ème groupe producteur de cigares au niveau mondial.  L’affaire appartient aux frères Wintermans (NL) qui emploient +/- 3.000 personnes dont la majeure partie au Sri Lanka (> 2.000) mais aussi à St Domingue (>200), aux Pays-Bas (>250) mais aussi en Belgique (> 200) avec l’essentiel de la production des short-filler dans leur usine de Geel, probablement la plus moderne du genre …

C’est cette fabrique que nous avons eu le plaisir de visiter.

L’arrivée des tabacs

Le déchargement du tabac a lieu dans un sas dont la raison d’être est avant tout une sécurité contre le lasioderme.

L’intégralité des marchandises est amenée dans un congélateur géant. Pas vraiment le meilleur endroit pour allumer son cigare : -15°C

Les ballots y séjourneront 1 semaine de sorte que le cœur des paquets
puisse ‘bénéficier’ de ces conditions extrêmes …

L’entreposage

Nous sommes en présence de montagnes de tabacs de toutes les origines : Zimbabwe, Sumatra, Java, France, Espagne, …

Mais aussi de tabac de toutes les marques !
En effet, les marques concurrentes apportent ici leurs matières premières pour bénéficier de la chaîne ultra-moderne d’Agio. La concurrence ne commencera que chez le détaillant !

Des zones de couleurs dessinées au sols permettent de s’y retrouver parmi les stocks dédouanés ou non, et ce indépendamment d’un terroir ou d’un autre, d’une marque ou d’une autre, … un passage obligé en quelques sortes.

Chaque paquet est identifié : pays, fournisseur, n° de lot, poids et date de production (ici avril 2003)

Les ballots sont en toile de jute, en carton ou en palmier. A ce niveau-ci, aucune condition particulière d’humidité n’est requise …

Par contre, les lasios sont toujours traqués.
La chasse est organisée par des pièges à phéromones (Serrico)
ou par d’imposantes lampes vertes et bleues façon piège à moustiques.

La fragmentation

Le tabac est d’abord humidifié dans cette machine. La vapeur provoque une vive odeur de tabac en fermentation.

Les paquets sont ouverts sur cette table d’où ils partent vers la ligne de fabrication du mélange.

Le tabac est d’abord humidifié dans cette machine. La vapeur provoque une vive odeur de tabac en fermentation.

Les paquets sont ouverts sur cette table d’où ils partent vers la ligne de fabrication du mélange.

Au bout du tapis roulant, le paquet de tabac est haché en fines tranches.

Ensuite il est battu par des barres rondes pour séparer les feuilles sans les déchirer car elles portent encore leur nervure principale.

A ce stade les feuilles sont libérées les unes des autres. Un détecteur de métaux veille à ce qu’aucune pièce métallique
n’arrive dans la chaîne.

Une machine réalise le tri assisté par une soufflerie : seuls les morceaux ayant un poids suffisamment faible peuvent en sortir …

Les autres poursuivent leur chemin vers les 3 autres étages de la chaîne. C’est le fait qu’elle travaille sur 4 étages qui la rend unique.

A la sortie du 4ème étage, les fragments ont la taille conforme pour aller vers le mélangeur ou alors ils retournent vers le 2ème étage de la chaîne pour retraitement.

Le tabac ayant atteint le stade voulu est amené vers la partie de la chaîne qui se chargera du mélange.

Différentes étapes ont encore lieu comme le passage au tamis ..

… ou sur ces rouleaux chargés d’éliminer les éventuelles fibres textiles.

+ surprenant, un contrôle de la couleur est réalisé en toute fin de processus.

Le mélange

Le tabac arrive par ‘table’ vers le mélangeur (bunker) dans lequel se superposeront les couches de tabac, une à une en fonction de leur type.

Le résultat final est stocké dans des petits containers qui iront soit vers
la ligne de production (à côté) soit vers leur propriétaire respectif.
Les mélanges sont codés par couleur mais pas de vrai secret, le nom de la marque propriétaire est également affiché.

La fabrication de la poupée (tripe + sous-cape)

Il y a 2 familles de cigares ‘faits machine’ : les cigares 100% tabac et les cigares ‘HTL’. La visite commence par la 2ème famille dite HTL pour « homogeneised tobacco leaves » soit l’équivalent d’une feuille de papier dont la cellulose est remplacée par du tabac, il reste 2% pour les produits jouant le rôle de ‘colle’ (NB : le HTL est fabriqué aux USA).

La sous-cape en HTL arrive sur un rouleau de +/- 1 km de long

L’approvisionnement du tabac se fait lui à la main, un peu comme pour une machine à café !

Le tabac arrive, compacté selon le module, par le bras descendant à 45° depuis le haut à droite de l’image. Il rempli un moule dont la paroi est couverte par la sous-cape.

Ainsi formée, la poupée représente alors 2 cigares. En fonction du produit, un filtre pourra être intercalé (toujours pour 2 cigares) au même stade : avant la pose de la cape.

Une fois séparés, les cigares arrive à un contrôle qualité.
Sur certaines machines à haut rendement (+/- 25.000 cigares/heure)
il arrive par exemple que la sous-cape soit brûlée par la vitesse.
La machine ci-dessus produit +/- 5.000 cigares/heure.

Vue sur les bacs remplis de poupées en attente de cape.

Le transit se fait par clark à travers les compartiment de la fabrique. Chaque compartiment est isolé d’un autre par des systèmes de sas facilitant le maintien des atmosphères voulues.

La pose de la cape

Comme pour le tabac pour tripe, les capes subissent une congélation à leur arrivée.

Particularité liée à leur fragilité (et leur valeur), elles passent ensuite par une chambre froide pour réduire le choc thermique.

Des poupées (sous-capes HTL) en attente

Les poupées arrivent sur les machines dédicacées à la pose de capes.

Les capes sont prédécoupées et conditionnées sur des rouleaux.
Elles sont aspirées du rouleau pour être posées sur les poupées.

Une fois posée sur le cigare, la tête est « corrigée » mécaniquement
par une sorte de fraiseuse (sic !)

Les rouleaux vides sont réexpédiés par bateau vers
le centre de production des capes (Sri Lanka)

La fabrication des cigares 100% tabac est très similaire
aux produits ‘HTL’. Chargement du tabac d’abord et remplissage d’un moule.

Les rouleaux vides sont réexpédiés par bateau vers
le centre de production des capes (Sri Lanka).

La mise en boîte

La fabrique peut se valoir de la mention « Hand sellected » car c’est à la mise en boîte que s’opère le dernier contrôle.

C’est aussi avant la mise en boîte que certains produits sont aromatises. Une aiguille traverse le cigare et dépose sa ‘liqueur’ au retour.

Le contrôle est simpliste pour les cigarillos …

… à la main pour les produits ‘haut de gamme’

Un contrôle de la couleur est également réalisé.

Les coulisses

Fabrication de la colle dans ‘la cuisine’.

La ‘cuisine’

Le stock pour la Belgique, tant pour les tripes courtes que longues mais tous les produits ont d’abord transités par les Pays-Bas !

« Quelques pourcents » de perte seulement car la plupart des produits déclassés lors de la fabrication sont démontés.